Après sa démission de son rôle de président de la Fédération française de football, Noël Le Graët a tenu à mettre les choses au clair à propos des accusations émises contre lui.
Noël Le Graët a annoncé sa démission de son rôle de président de la Fédération française de football, ce mardi, lors de la tenue d'un Comex. Un peu plus tard dans la journée, il a accordé un entretien à L'Equipe. Il a pu mettre au clair sa position autour des différentes affaires où il est impliqué.
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"Je le conteste totalement et je ne me présenterais pas devant vous si je mentais. (...) L'enquête dont j'ai fait l'objet a été menée à charge, en méconnaissance totale de mes droits et du principe du contradictoire. Elle a été juge et partie et ça, ce n'est pas possible, même si elle prétend que non (...) Amélie Oudéa-Castera m'a appelé hier matin (lundi) en me disant qu'elle souhaitait que l'on parle. Je lui ai dit : "Bonjour Madame la Ministre, plus tard, s'il vous plaît". Et j'ai raccroché. L'après-midi, j'ai eu longuement le président Emmanuel Macron. (...) Je n'ai jamais harcelé personne, ni moralement ni sexuellement. Je suis surpris par toute cette cabale. Je ne sais pas qui est derrière, mais je finirai par le savoir. Je n'ai rien fait de mal et j'attends de voir les suites avec mes avocats" a-t-il déclaré à propos du rapport de la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castera.
Une enquête avait été ouverte par le Parquet de Paris pour harcèlement moral et sexuel. Selon lui, c'est une enquête à charge pour le faire tomber : "C'est une enquête à charge. Il y a écrit « Madame C... dit que », mais qui est Madame C... ? On a demandé avec mes avocats, à plusieurs reprises, des précisions aux inspecteurs pour que je puisse répondre à ces accusations, ils ont toujours refusé de nous transmettre des éléments du dossier pour que je puisse me défendre. J'ai 81 ans, je suis peut-être en décalage dans ma manière de m'exprimer avec un jeune d'une vingtaine d'années. Cela ne fait pas de moi une mauvaise personne".
Il s'est défendu en revenant sur ses actions mises en place pour le football féminin : "Je peux vous dire que je suis très bien vu à la Fédération, par beaucoup de salariées. Après tout ce que j'ai fait pour le développement du football féminin ? Après avoir contribué comme je l'ai fait à nommer des femmes à des postes clés, au sein du comex, à la FFF, à la LFP même ? Je suis peut-être « old school » sur certaines choses, mais personne ne m'enlèvera ce travail-là, ces progrès importants auxquels je crois et auxquels j'ai nettement contribué". Il a ensuite enchaîné sur les accusations de Florence Hardouin.
"On ne s'est pas revu depuis la Coupe du monde, où je l'avais invitée. Le temps qu'elle était là, elle dînait avec ma femme et moi. J'ai eu beaucoup de plaisir à travailler avec elle. Elle me doit beaucoup, je l'ai formée, je lui ai appris la comptabilité, les négociations de contrat. J'ai du mal à comprendre sa méchanceté actuelle. Mais ça lui passera. (...) Mon petit doigt n'a jamais touché le sien. Je lui ai sauvé sa place à plusieurs reprises. En 2019, quand 14 directeurs sur 17 ou 18 demandaient son départ, puis une seconde fois après le rapport d'audit de Plein Sens que j'avais commandé. Je l'ai protégée car elle se faisait démolir. Et avant la dernière Coupe du monde au Qatar, le comex souhaitait son départ" a-t-il expliqué. Il a conclu avec les accusations de Sonia Souid. Pour lui, l'agente de joueurs a tout inventé.
"Elle-même dit qu'il n'y a eu aucune agression. Déjà, ce n'est pas une salariée de la FFF. Il n'y a aucun rapport hiérarchique. Je l'ai invitée chez moi à Paris pour des raisons professionnelles, ça m'arrive de recevoir des collaborateurs, même des journalistes, dans cet appartement pour parler boulot, elle a accepté de venir et a pu en repartir quand elle le voulait. Je ne l'ai jamais agressée et je ne lui ai jamais envoyé de SMS à caractère sexuel. Donc, quelle est l'histoire ? Et qu'est-ce qu'elle vient faire là-dedans ? On voit bien que c'est un coup et qu'il a été monté" a-t-il justifié.