Après la démission d'Abdel Bouhazama de son rôle d'entraîneur de l'Angers SCO, Hubert Fournier (DTN de la FFF) a révélé qu'il était déjà surveillé pour des méthodes de management autoritaires. Pour lui, il va devoir changé son fonctionnement pour pouvoir à nouveau diriger une équipe.
Abdel Bouhazama a démissionné de son rôle d'entraîneur de l'Angers SCO, ce mardi, après avoir tenu des propos déplacés lors de la causerie d'avant-match face à ses joueurs, le week-end dernier, avant la rencontre contre le MHSC (5-0). Le directeur technique national (DTN) de la Fédération Française de Football (FFF) Hubert Fournier a souhaité réagir à cette polémique, ce mercredi, dans un entretien accordé à Ouest France. L'ancien manager n'a pas été tendre avec Abdel Bouhazama qui était déjà dans le viseur de la FFF.
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"J'ai voulu réagir ? Oui, car ces propos ne m’inspirent rien de bon. La posture d’éducateur n’a pas du tout été prise en compte. Les propos à l’encontre de la gente féminine, bien sûr que je les désapprouve. Et je suis particulièrement touché car ce n’est pas nouveau. (...) Il était en charge du projet de formation au Sco et il y avait quelques alertes, déjà. Donc je ne suis pas surpris, malheureusement, car c’est quelqu’un qui a du mal à maîtriser son management, axé sur l’autoritarisme. La société est en train de changer. Et ce n’est pas la pédagogie qu’on souhaite que nos éducateurs véhiculent à nos équipes. Ces méthodes n’ont plus leur place dans le foot" a-t-il expliqué.
Hubert Fournier a ajouté que l'entraîneur était visé par une plainte des parents d'un joueur du centre de formation : "C’était deux ou trois semaines avant qu’Abdel Bouhazama ne prenne l’équipe première, à la suite d’un signalement d’une famille pour harcèlement vis-à-vis de son enfant, pour des propos blessants, un management de terreur qu’avait exercé Abdel Bouhazama. Ça fait partie de notre responsabilité de faire ce travail de sensibilisation vis-à-vis du club pour éviter que cela se reproduise".
Il a ensuite détaillé sa visite au sein du club : "On était venu avec des personnes du ministère des Sports, une délégation régionale académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (Drajes). (...) On avait échangé avec lui, le président, auditionné de nombreux jeunes. On avait préconisé qu’il arrête l’encadrement de l’équipe réserve car il avait du mal à gérer ses émotions sur le banc de touche, notamment à la suite de cet incident qui avait eu lieu à la fin d’un match. À la limite, qu’il encadre une équipe où les enjeux sportifs sont peut-être moins marqués, comme les U17. Donc j’étais particulièrement surpris d’apprendre que, non seulement il continuait l’encadrement, et qu’en plus on lui donnait la possibilité de manager l’équipe première. J’étais déjà un peu inquiet après notre audit. Je vois que mon inquiétude avait raison d’être (...) vu les difficultés rencontrées avec l’équipe réserve, qu’il ait les mêmes sur l’équipe première… Donc je ne suis pas étonné, malheureusement, qu’il y ait eu ces débordements et ces écarts de langage".
Il a précisé que la commission d'éthique de la FFF s'occupe désormais du dossier : "Quelles ont été les conclusions ? Qu’il y avait un directeur de centre qui s’était un peu isolé. Que beaucoup de ses collaborateurs avaient quitté le club car ils ne pouvaient plus travailler avec lui. Qu’il avait un management assez régressif, directif, autoritaire parce que c’était son mode de fonctionnement, mais un mode de fonctionnement daté, qui ne correspond plus à la jeunesse actuelle. (...) La commission d’éthique de la FFF a pris le dossier en main. On va les laisser travailler de manière sereine pour qu’ils instruisent le dossier. Ils ont aussi sollicité la commission de discipline de la Ligue de football professionnel. Mais c’est surtout au niveau de l’éthique, que ça va se jouer, car il n’y a pas eu de sanction administrative sur lesquelles on pourrait se pencher".
Pour Hubert Fournier, Abdel Bouhazama doit être accompagné avant de reprendre les rênes d'une équipe : "Avant de reprendre une équipe, je pense que c’est quelqu’un qu’il va falloir accompagner pour qu’il prenne conscience que son management n’est plus adapté à un public actuel. Et ça, j’espère qu’il en a conscience. À la limite, si le club veut le conserver, ce qui est son droit, il doit être dans sa responsabilité d’accompagner Abdel pour qu’il fasse évoluer son management. Un entraîneur qui ne fait que gueuler au bord du terrain, qui a des propos déplacés voire vulgaires auprès de ses joueurs, ça ne correspond pas à la vision que j’ai de l’éducateur et de l’entraîneur moderne. Il y a un travail qu’il doit faire sur lui-même, car ses méthodes ne sont plus adaptées".