Clermont Foot : Les raisons d'une panne qui inquiète

À l'image de son équipe, Jodel Dossou peine à se montrer efficace au moment de conclure
À l'image de son équipe, Jodel Dossou peine à se montrer efficace au moment de conclure

Enthousiasmant en août, le Clermont Foot cale depuis la fin de l’été. Entre un effectif limité, une inefficacité récurrente et une indiscipline chronique, plusieurs facteurs expliquent les difficultés que connaît actuellement la formation entrainée par Pascal Gastien.

Deux victoires sur les dix-huit derniers matchs de Ligue 1. Au premier regard, ce terrible bilan comptable s’apparente à celui d’un relégable. Pour le Clermont Foot, ce n’est pas (encore) le cas. Pourtant, les Auvergnats ont beau enchanter, par le jeu, la douzaine de milliers de personnes régulièrement présente au stade Gabriel-Montpied, ils pourraient être très bientôt rattrapés par la patrouille s’ils ne redressent pas la barre rapidement. Aujourd’hui seizièmes avec une longueur d’avance sur le dix-neuvième, Ouparine Djoco et ses partenaires sont encore loin du néant footballistique constaté à Bordeaux ou chez le voisin stéphanois. Dans la lignée de ses dernières saisons sur le banc clermontois, Pascal Gastien se démène et parvient à faire pratiquer à un groupe inexpérimenté à ce niveau un football protagoniste et attractif. Ainsi, c’est à base de sorties de balle léchées et de jeu de position que l’ancien entraîneur de Niort compte bien sauver de la relégation un club qu’il avait rejoint en 2016 en qualité de directeur du centre de formation.

La moindre absence se paye cash

Si dimanche, Jason Berthomier et ses partenaires n’ont pas existé sur la pelouse du stade Louis II (4-0), cette apathie générale est loin d’être la norme du côté de Clermont. À Monaco, c’est bien la première fois cette saison que les pensionnaires du stade Gabriel-Montpied ont paru timorés. En l’absence de Johan Gastien, suspendu, Salis Abdul Samed et les siens n’ont pas été aussi entreprenants que d’ordinaire au moment de ressortir le ballon. Comme un symbole, le milieu ghanéen a cette fois paru frileux, privilégiant souvent la passe en retrait à la recherche de ses attaquants. Ce constat de sous-performance en l’absence du fils du coach n’est pas nouveau. À Rennes (6-0) et après son expulsion à Nantes (2-1), déjà, ses partenaires avaient semblé totalement déboussolés sans lui, la preuve d’une dépendance aussi logique qu’alarmante. Recruté cet été dans l’optique de devenir une alternative à Johan Gastien, Oriol Busquets peine à s’adapter et n’a pas encore convaincu Pascal Gastien de lui faire confiance.
En attaque aussi, la moindre absence est difficile à combler. Si l’arrivée en prêt de Lucas Da Cunha devrait permettre à Pascal Gastien de ne jamais être à court d’ailiers jusqu’à la fin de la saison, ce n’est pas la même limonade à la pointe de l’attaque. Parti disputer la CAN avec la Guinée, Mohamed Bayo manque énormément au Clermont Foot. Une statistique en dit long. Ses partenaires n’ont pas inscrit le moindre but lors des cinq matchs durant lesquels il n’était pas là. Auteur de huit buts en Ligue 1 cette saison, l’avant-centre de 23 ans dispose également d’un rôle clé dans l’élaboration du jeu clermontois. Voilà ce qui le différencie d’ailleurs de son remplaçant Pierre-Yves Hamel. À Monaco, ce dernier n’est jamais parvenu à servir de point d’appui à ses coéquipiers. Ainsi, en Principauté, le Clermont Foot ne s’est jamais installé dans le camp monégasque. Malheureusement, l’ancien lorientais n’est pas plus à l’aise au moment de prendre la profondeur. De quoi rendre le travail des défenseurs adverses facile et l’absence de Mohamed Bayo plus que préjudiciable.

Inefficacité récurrente

À Reims, le 28 novembre, on joue depuis une poignée de minutes seulement lorsque, seul dans la surface de réparation de Predrag Rajkovic, Jodel Dossou se précipite et manque de cadrer sa frappe. Loin d’être anodine, l’action symbolise à merveille une partie des maux dont souffre le Clermont Foot cette saison. Flamboyant dans le jeu, le promu peine à concrétiser sa domination. À Auguste-Delaune, longtemps dominateurs, les Auvergnats ont fini par s’incliner, crucifiés par une belle frappe de Ghislain Konan dans le temps additionnel (1-0). Même chose face à Nice et Montpellier. Lors de ces deux matchs-là, Elba Rashani et ses partenaires n’auraient pas dû perdre. Deux fois, les Auvergnats ont dominé et formidablement bien manœuvré leur adversaire avant de finir par s’incliner. Face aux Aiglons (1-2), ce n’est pourtant pas faute d’avoir mis en danger Walter Benitez. Auteurs de 18 tirs contre 9 pour les Niçois, les Clemontois ont fini par se coucher face au talent d’Amine Gouiri. Même chose à la Mosson (1-0) où, pour l’une des seules fois de la saison, le MHSC d’Olivier Dall’Oglio a eu bien du mal à se sortir de la tenaille adverse.

Indiscipline chronique

Avec cinq cartons rouges récoltés en vingt matchs, c’est un record peu glorieux que les pensionnaires du Stade Gabriel-Monpied co-détiennent avec l’OL. Cette saison, symbole de son inexpérience et de sa générosité, le Clermont Foot est trop indiscipliné. Comme si cela ne suffisait pas, Johan Gastien et les siens ont en plus de cela une fâcheuse tendance à voir rouge dès la première mi-temps. Face à Reims, le 9 janvier (0-0), il n’a fallu que quatorze minutes à Alidu Seidu pour laisser ses partenaires à dix à la suite d’un tacle non maitrisé sur une contre-attaque champenoise. Si cela n’a pas empêché aux Clermontois de dominer le reste de la rencontre, la victoire leur a une nouvelle fois échappé. Loin d’être inédit, ce scénario avait déjà eu lieu à Nantes fin octobre (2-1). Bien installés dans leur match jusqu’à l’expulsion de leur maître à jouer Johan Gastien à la demi-heure, les Auvergnats cédaient ensuite, concédant finalement une défaite frustrante car tronquée par les faits de jeu.

Se relever, et vite

Pour Pascal Gastien, l’enjeu est désormais de trouver de nouveaux leviers pour permettre au Clermont Foot de terminer sa première saison en Ligue 1 hors de la zone rouge. Fidèle à lui-même, le technicien de 58 ans assume ses responsabilités et ne s’est pas montré très difficile avec ses dirigeants à l’approche du mercato hivernal. "Si on reste comme ça, on reste comme ça. Vous me connaissez, je ne suis pas enclin à changer et à tout bouleverser. Je pense que c’était important de prendre un joueur pour la rotation qui connaisse ce niveau-là (Da Cunha est arrivé en prêt). Si un autre attaquant arrive, tant mieux, sinon, pas de soucis, je travaillerai avec ceux qui sont là" a-t-il déclaré avant le match face à Strasbourg. Il n’y a plus qu’à.

Plus d'infos :