Coronavirus - L1 : Aulas milite pour une fin de saison entre septembre et décembre

Jean-Michel Aulas, l'emblématique président de l'OL.
Jean-Michel Aulas, l'emblématique président de l'OL.

Dans une interview accordée au quotidien L'Equipe, Jean-Michel Aulas, le président de l'OL, se montre favorable à une reprise de la Ligue 1 en septembre.

Alors que les instances du football français espèrent toujours reprendre la saison et la mener à son terme, les obstacles s'annoncent nombreux pour parvenir à cet objectif. Conséquence : l'idée émise par certains présidents de Ligue 1, à savoir terminer l'exercice entre septembre et décembre puis enchaîner la saison suivante sur l'année civile 2021, prend de l'ampleur. Jean-Michel Aulas, l'emblématique président de l'Olympique Lyonnais, milite pour que ce scénario, qui, selon lui, "commence à venir" chez les autres présidents français, soit désormais pris en considération par la Ligue. "Depuis un moment déjà, et je l'avais dit dans L'Équipe, je sens qu'il y a de plus en plus de difficultés à une reprise. Aujourd'hui, sur le scénario de déconfinement, on n'a pas les solutions pratiques", a lancé le patron du club rhodanien en préambule de son intervention dans les colonnes du quotidien sportif.

En effet, alors qu'une reprise est à l'étude pour le 17 juin prochain, de nombreuses questions restent encore en suspens : "Les médecins nous disent : "Pour tester les joueurs, encore faut-il que ça soit possible !" Pour l'instant, le gouvernement dit que seuls sont testés les gens qui ont des symptômes. Aura-t-on la possibilité de tester tous les joueurs à la reprise ? Et comme on n'a pas choisi, pour le moment, une solution où ils sont sur un même lieu pendant toute la période de préparation, cela veut dire qu'ils rentrent chez eux le soir. Où ils peuvent être en contact avec des gens déconfinés qui seraient porteurs du virus... Et donc, le lendemain matin, on les remet ensemble. Faut-il les retester ? Est-ce que la règle de la distanciation d'un mètre joue aussi pour les entraînements ? Je ne sais pas bien comment on règle tout ça", a affirmé le boss lyonnais, et de préciser : "Les médecins de club me disent aussi qu'ils ne veulent pas prendre la responsabilité de donner le feu vert pour s'entraîner et jouer".

"Je suis favorable à ce que l'on termine, y compris entre septembre et décembre"

Pour Jean-Michel Aulas, qui dit disposer de "beaucoup de retours qui disent que ça risque d'être touchy sur le plan des précautions sanitaires", et pour éviter d'aller "peut-être vers une année blanche ou des choses que les gens n'apprécient pas a priori", une solution est à étudier avec la plus grande attention. Ladite solution n'est autre que celle proposée il y a quelques semaines par Jean-Pierre Rivère et Nasser Al-Khelaïfi, respectivement présidents de l'OGC Nice et du Paris Saint-Germain. "J'ai des craintes qu'on ne puisse pas reprendre. Et c'est pour ça qu'il faut peut-être étudier un autre scénario dont ont parlé Jean-Pierre Rivère et Nasser Al-Khelaïfi, où on décalerait tout ça pour terminer la saison 2019-2020 à la fin de l'année civile et on reprendrait en début d'année 2021 pour la nouvelle saison. C'est l'un des scénarios qui intéresse la FIFA avec la Coupe du Monde au Qatar (Ndlr, du 21 novembre au 18 décembre 2022)", a estimé le président rhodanien. Ce dernier, critiqué de toutes parts pour ses déclarations tenues dans Le Monde il y a un mois et demi sur une possible saison blanche, l'assure, "tout ce qui peut permettre de terminer les compétitions me (lui) va bien". "Je suis favorable à ce que l'on termine le championnat, y compris entre septembre et décembre", a-t-il réaffirmé, et de préciser : "J'y suis favorable si l'UEFA l'envisage. Je suis un légitimiste. Si l'UEFA est d'accord, c'est très bien".

Les instances du football français, quant à elles, seraient selon lui bien inspirées de mettre rapidement le sujet sur la table : "Si le groupe de travail sur les scénarios de crise, qui se réunit demain (Ndlr, aujourd'hui) veut s'éviter un certain nombre de sujets de tension, ce serait bien de le rajouter à l'étude des scénarios en cours. Il suffit que la Ligue le décide. Si, demain, Nathalie (Boy de la Tour, la présidente de la LFP) ou Didier (Quillot, le directeur général exécutif de l'instance), par l'intermédiaire d'Arnaud Rouger (le directeur des activités sportives de la Ligue), le décide, ça sera au programme", a rappelé Jean-Michel Aulas. "On serait bien inspirés de le faire", a-t-il ensuite asséné, persuadé que ce scénario est déjà quelques part dans un coin de la tête de Noël Le Graët, le président de la Fédération Française de Football : "J'échange beaucoup avec Noël, tous les jours ou presque. Il y a un profond respect et une profonde amitié entre nous. Je ne veux pas anticiper sur ce qu'il pourrait dire, mais je sais que cette possibilité ne lui a pas échappé". Le message, on ne peut plus clair, est passé. Aux instances dirigeantes, désormais, d'étudier cette hypothèse en concertation avec le gouvernement et les spécialistes scientifiques. Le dernier mot leur reviendra de toute manière : "On fera ce qu'on nous dit", conclut Jean-Michel Aulas.

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