Le retour de Karim Benzema (33 ans, 81 sélections, 27 buts) sous la tunique de l'équipe de France après cinq années d'absence a bien évidemment été LE sujet principal de la longue conférence de presse tenue par Didier Deschamps en ce mardi soir. Face aux journalistes, le sélectionneur des Bleus a patiemment répondu à toutes les questions sur l'attaquant du Real Madrid. Extraits choisis.
Des étapes importantes ont été franchies
"Par rapport à Karim, il y a eu une étape importante, c'est le fait qu'on puisse se voir et discuter ensemble. C'est la première étape. J'ai pris le temps de réfléchir, d'analyser ce qu'on s'est dit. Je ne parlerai pas du contenu de notre discussion qui a eu lieu il y a un petit moment quand même, pour en arriver aujourd'hui à la décision de le sélectionner Je n'ai jamais dit à aucun moment que Karim Benzema n'était pas sélectionnable. Il l'a toujours été. Vous pouvez me poser la question pourquoi avant ? Je ne suis pas magicien lui non plus, on ne peut pas faire machine arrière, c'est factuel".
Une influence sur l'équilibre du groupe
"Je vais faire une réponse très courte. Vous avez la réponse par rapport au choix que je fais. Sinon, j'aurais fait un autre choix".
La discussion
"Est-ce vraiment important ? L'important, c'est qu'on s'est vus. Pourquoi c'est important ? Ça met une personne plus en valeur que l'autre ? Pour moi ca n'a pas d'importance, se voir ça s'est important".
Sa décision
"Quand ai-je pris ma décision ? Ma décision a été prise aujourd'hui, mais elle a évidemment été prise dans ma tête il y a un petit moment. Avec mon staff, il y a beaucoup de discussions. À partir du moment où je prends une décision, ils le savent. On pèse toujours le pour et le contre. Il y a eu des étapes. Plusieurs. Je n'ai pas cherché à cacher quoi que ce soit. J'ai des pré-listes à faire, et il y avait les noms dans la pré-liste. Que ça se soit fait en toute discrétion, oui".
Noël Le Graët a été tenu au courant
"Évidemment, de par la relation de confiance que j'ai avec mon président, je tiens à le remercier parce que depuis le premier jour ça a toujours été un soutien précieux pour moi. Je l'ai tenu au courant de l'évolution de ma réflexion. Mon président est très content ce soir".
Karim Benzema aurait été présent dans une liste de 23
"C'est l'offenser de penser qu'il ne pouvait pas être dans les 23. C'est Karim Benzema! Sans vouloir faire de hiérarchie, là je ne vous cache pas qu'il aurait été dans les 23".
Un sujet tabou
"Ça n'a pas été tabou. Mais à un moment, vous me posiez toujours la même question... J'ai dit les choses, à un moment, le pourquoi du comment. Ce n'est peut-être pas une réponse qui vous plait, mais j'ai expliqué. Si c'est pour me répéter sans arrêt... Au bout d'un moment, ça ne sert plus à rien. Si c'est pour me parler des joueurs qui ne sont pas là... Pendant ce temps, l'équipe de France avait des matchs. Ça n'a jamais été un sujet tabou".
Un Karim Benzema plus mature
"Une carrière d'un joueur pro, ça ne dure pas vingt ans. Qu'il ait gagné en maturité, en sérénité, qu'il ait changé certaines choses... sans doute. À travers son club, sa vie. Ce qu'on fait à 20 ans, on ne le fait pas à 25. Ce qu'on fait à 25, on ne le fait pas à 30. C'est de l'expérience, avec de bonnes et moins bonnes choses. La maturité ne vient pas en claquant des doigts".
Les autres joueurs n'ont pas été consultés
"Je n'ai jamais impliqué les joueurs dans la sélection ou la non-sélection d'un joueur, ce n'est pas leur rôle. (...) C'est moi qui prends la décision, pour leur intérêt bien évidemment. Je n'ai pas d'inquiétude. Karim n'est pas stupide, et il est même intelligent. Il vient dans un groupe avec un vécu et des repères. Ils ne sont pas tous amis, mais forcément l'ambiance est bonne".
"Le besoin réciproque", le déclencheur de la rencontre
"À partir du moment où le besoin était réciproque, pour lui, pour moi, ça s'est fait. Ça aurait pu se faire avant, mais on ne peut rien y changer".