Exclu : Jean-Christophe Marquet dresse le bilan de la 14ème édition de la Champion's Cup Rekupo

De gauche à droite : Rémi Savejvong – Fabien Laurenti – Jean Christophe Marquet – Steeve Elana – Sébastien Piocelle– Joris Marveaux, qui composent le staff de la Champion's Cup / Photo : Champion's Cup Rekupo.
De gauche à droite : Rémi Savejvong – Fabien Laurenti – Jean Christophe Marquet – Steeve Elana – Sébastien Piocelle– Joris Marveaux, qui composent le staff de la Champion's Cup / Photo : Champion's Cup Rekupo.

Cette semaine, des jeunes footballeurs âgés de 8 à 16 ans ont foulé la pelouse de l'Aillianz Riviera de Nice à l'occasion des finales du célèbre tournoi de foot Champion's Cup Rekupo. Un événement créé par Jean-Christophe Marquet, ancien joueur de l'OM ou encore de l'OGC Nice. Le vainqueur de la Ligue des Champions en 1993 avec les Phocéens s'est entretenu avec MadeInFOOT pour évoquer l'événement et dresser le bilan de cette 14ème édition.

MadeInFOOT : Bonjour Jean-Christophe Marquet, pouvez vous nous raconter l'histoire de ce tournoi ?

Jean-Christophe Marquet : Il a été créé en 2010 à Marseille, où on a commencé avec 60 équipes. 14 ans plus tard, on en est maintenant à 628. On a agrandi les catégories. Au départ, c'était les U11, la catégorie phare. Après, on a rajouté les U15 féminin. Et il y a deux ans, on a rajouté les U9 parce que pour nous, c'était cohérent de faire participer les jeunes à cette grande compétition. Pendant huit ans, on est resté sur Marseille, du moins dans le sud. Après, on a grandi dans toute la France, dans les grandes villes pour déjà étendre ce concept qui parle à tous les clubs et tous les joueurs.

Le but du tournoi est-il de faire rêver les enfants ou leur faire développer de réelles ambitions ?

C'est cette notion de plaisir, leur donner vraiment un toucher du doigt à ce qu'est un tournoi avec des exigences, avec de la performance, avec tout ce qu'ils voient un petit peu à travers les professionnels, leurs maillots, leurs chaussettes, leurs interviews. Un contexte différent de ce qu'ils vivent dans les autres tournois pour qu'ils se disent qu'ils ont vécu un moment exceptionnel. Déjà pour les étapes de qualification. C'est sûr qu'après, les clubs qualifiés, quand ils jouent dans un stade de Ligue 1, tout prend des proportions beaucoup plus importantes. Tout se multiplie, les émotions, la grandeur du stade. Et c'est fait pour vivre un moment pour les joueurs, entraîneurs, présidents et familles, qui soit mémorable.

Qu'est-ce que ça leur fait aux enfants de jouer dans un stade aussi grand ?

Ils ont des étoiles à tout plein les yeux. C'est le but, parce qu'a cet âge là, ils sont un petit peu innocents. Il y a cette innocence qui est belle, qui leur permet déjà de vivre des moments sans trop réfléchir. Donc c'est tous ces mélanges qui font l'alchimie de la Champion's Cup Rekupo. Et c'est tous ces ingrédients qui font que c'est un événement unique. Unique de par les émotions, de par ce qu'ils vivent. Et on a des retours depuis 14 ans qui vous donnent la chair de poule. Et c'est ce qui nous donne envie de continuer plus loin.

Cette année, vous avez fait le choix d'intégrer pour la première fois des clubs professionnels dans le tournoi. Pour quelle raison ?

L'équipe de Villejuif a remporté le tournoi U11

L'équipe de Villejuif a remporté le tournoi U11 / Photo : Champion's Cup Rekupo

Je pense qu'on est le seul tournoi au monde qui s'est interdit de prendre pendant 13 ans des clubs pros. Parce que nous l'objectif est toujours de mettre en avant le football amateur. Parce que ce football amateur, il est riche en gamins, riche en bénévoles. Et on a compris que s'affronter au monde professionnel, notamment les clubs, c'était aussi intéressant. On a trouvé l'opportunité pour toujours trouver un petit peu d'attractivité au final. D'avoir six clubs de renom français qui viennent en catégorie U11, s'associent à la fête pour les comparer. On s'aperçoit que lors de la finale, c'est un club qui est amateur qui a gagné le tournoi cette année, Villejuif, contre l'OGC Nice, c'était une finale magnifique. Le PSG a fini 3ème, donc ça montre aussi que le football amateur se porte bien et que ça rééquilibre un peu les choses. Alors, c'est qu'une partie, mais bon, on a encore quelques petites notions de clubs amateurs qui travaillent bien.

Vous vous êtes entouré d'anciens joueurs professionnels dans l'organisation de ce tournoi. Cela vous arrive-t-il de donner des conseils aux enfants qui y participent ?

C'est aussi la réussite de cet événement, c'est que les anciens pros ne sont pas là pour figuration, ils sont là pour transmettre, les écouter, les accompagner. C'est pour cela qu'on a créé le Team France, il y a 6 ans. Les meilleurs gamins de chaque génération en U11 prolongent leur rêve et ils sont dans une autre équipe de France qui leur permet de faire des stages, des déplacements à Doha cette année. Donc plein de choses qui continuent le rêve de ces gamins. Et là, ça nous permet, nous, anciens pros, d'encore plus leur donner des conseils et les accompagner pour qu'ils soient plus armés pour les choix à venir.

Vous auriez aimé participer à un tournoi de cette envergure quand vous étiez enfant ?

J'ai fait des tournois et j'en garde des souvenirs mémorables. Mais le tournoi que j'ai créé est le tournoi que je rêvais et que je n'ai pas pu faire. C'est sûr que la vie évolue, la vie se grandit. Et là, on met tous les outils, même si je peux vous trouver les meilleurs adjectifs pour définir la Champion's Cup Rekupo, venir la voir et ce qu'on a vécu hier, c'est des larmes, c'est des frissons, on se replonge dans notre enfance. Après, on sait qu'on donne du plaisir, mais on en prend énormément en échange d'émotions fabuleuses. Il n'y a que le sport qui fait cela.

Quel bilan faîtes-vous de cette 14ème édition ?

Photo : Champion's Cup Rekupo

Chaque année, je suis fier le lendemain de parler, d'avoir encore des frissons et de pleurer. Parce qu'on est dans un monde qui est difficile et ces moments sont devenus rares. Donc si nous, chaque année, on arrive à les vivre avec des enfants différents, c'est qu'on est des privilégiés. Après, on gagne, on perd. C'est sûr que la victoire est plus belle. Mais on sait qu'on a rendu heureux 354 enfants sur cette finale, en plus des étapes qualificatives. Au total c'est 6734 joueurs c'est énorme. Et c'est ce qui nous fait avancer.

Jusqu'où comptez-vous allez avec ce tournoi ?

Dans le monde. Alors, il y a même des pays qui commencent à connaître le concept et qui veulent s'y rapprocher pour s'associer. Donc oui, dans le monde. Après, le football, ça se joue dans le monde. Le tout, on n'a rien inventé. Mais ce qu'on a, nous, inventé, c'est associer des valeurs et des expériences qui nous font être différents des autres. Donc oui, quand on arrive à conquérir notre pays, la France, sachant qu'en haut de l'affiche, la France ne se porte pas plus mal aussi, on va montrer qu'en bas, au départ, c'est autant. Donc oui, on veut conquérir le monde et créer notre propre centre comme Clairefontaine pour que ce qu'on a vécu en deux mois, on le vive toute l'année à travers différentes choses pour ces gamins.

Savez-vous déjà dans quel stade aura lieu la finale l'année prochaine ?

Je m'aperçois que chaque année, c'est de plus en plus tôt. Dès ce matin, on pensait déjà à préparer, même si on avait déjà imaginé l'année prochaine. Donc finalement, on travaille toute l'année sur ce projet. Oui, on parle de cette année, on parle dans deux ans. On parle de pays, on parle de beaucoup, beaucoup de choses. Donc, c'est important. Maintenant, il ne faut pas se tromper de chemin. Garder toujours le cap et ne pas reculer.

Le côté écoresponsable est mis en avant avec ce tournoi. Est-ce important pour vous de sensibiliser les enfants à l'environnement ?

Les jeunes joueurs sont sensibilisés au tri sélectif.

Les joueurs sont passés dans le village écoDDS pour être sensibilisés au tri sélectif / Photo : Champion's Cup Rekupo

Oui, parce que le football est un vecteur fabuleux. On a signé 3 ans avec notre partenaire principal qui est Rekupo. C'est la première fois qu'on signe trois ans avec un partenaire. Il est venu pour toucher ses gamins, toucher ses familles, pour les sensibiliser au tri sélectif, à la pollution, à un monde meilleur de demain. On parle plus de football et c'est normal qu'on parle du football. Le football nous aide à nous rassembler. Mais après, parler de football toute la journée, c'est compliqué puisqu'on s'éloignerait de la réalité. Donc, ces gamins sont passés dans le village écoDDS où il y avait quelqu'un qui leur expliquait le tri sélectif, les produits chimiques. Alors, c'est la répétition de tout ça qui va nous amener à des résultats, mais notre devoir était aussi de les sensibiliser en dehors du terrain. C'est le premier tournoi écoresponsable en France. Et qui peuvent être acteurs, eux, les premiers. Et surtout, qui vont vivre dans les années à venir. Il est normal aussi d'en parler. C'est sûr que ça ne prend pas une place énorme dans le tournoi, mais suffisamment pour que la répétition nous donne envie de continuer.

Le palmarès de la 14ème édition de la Champion's Cup Rekupo :

Podium U9 :

  • 1er : Luynes sport (Bouches-du-Rhône)
  • 2ème : Istres (Bouches-du-Rhône)
  • 3ème : Malpassé (Bouches-du-Rhône)

Podium U11 :

  • 1er : Villejuif (Ile-de-France)
  • 2ème : OGC Nice
  • 3ème : PSG

Podium U15 féminines :

  • 1er Cergy Pontoise (Ile-de-France)
  • 2ème Saint Victoret (Bouches-du-Rhône)
  • 3eme : FC Niederhergheim (Alsace)

L'équipe type du tournoi U11 :

L'équipe type du tournoi U11 / Photo : Champion's Cup Rekupo

  • Gardien Loris Sofia (OGC Nice)
  • Défenseur gauche Mihan M'Gomri (Bruel FC).
  • Défenseur central Nathan Kemtchoum (Villejuif).
  • Défenseur droit Léo Carre (Villejuif)
  • Milieu gauche Melek Ghizaoui (OGC Nice).
  • Milieu droit Jean de Charles (Girondins de Bordeaux).
  • Attaquant gauche Keivan Mahinon (SNAF)
  • Attaquant droit Tyron Mavua (PSG).
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