Après la défaite de l'OGC Nice sur la pelouse de l'OL, un bus de supporters niçois a été attaqué par un jet de pierre sur le trajet du retour. Une soirée racontée par la présidente du club des fans du Gym.
Ce vendredi, l'OGC Nice s'est retrouvé un peu plus dans le dur en championnat, en tombant sur la pelouse de l'OL en ouverture de la 22ème journée de Ligue 1 (1-0, analyse et notes). La soirée cauchemardesque du Gym a été renforcée par un sentiment de "vol", étant donné que le club azuréen estimait pouvoir bénéficier de deux penaltys. Mais ce n'est pas tout, lors du trajet retour après le match, un bus de supporters niçois a été attaqué par un jet de pierre, qui a traversé le pare-brise et touché un passager. Contactée par RMC Sport, Solange Claude, présidente du club des supporters de Nice, a relaté cet événement.
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"On était en train de rouler tranquillement sur l’autoroute, l’escorte venait de nous laisser depuis plusieurs kilomètres. On était dans le noir. On a eu une déflagration sur le pare-brise, on n’a pas compris ce qu’il se passait,. On a eu des éclats de verre dans la figure. J’ai tourné la tête vers mon mari, je le vois groggy. Il a voulu se relever, il est retombé en arrière. Je me suis dit "on nous a tiré dessus". Je ne voyais pas où il était blessé, je ne voyais pas de marque sur son visage. J’attendais à ce que du sang jaillisse pour voir où il était blessé. On a retrouvé un cailloux sur le sol. Le chauffeur a gardé son sang-froid, il a été exemplaire. Il a continué à conduire malgré le bruit très fort. Le chauffeur nous a dit que quelque chose l’avait frôlé quand il conduisait. La pierre, c’était une petite boule de pétanque", a-t-elle expliqué, avant de continuer.
"On est descendus du bus, on a eu peur qu'ils viennent nous agresser ensuite. On a eu peur du guet-apens. On était dans la peur, le choc. On a échappé au pire. On a appelé la police, les services de sécurité d’autoroute sont venus. Les chauffeurs ont colmaté le trou avec du scotch et du carton à l’extérieur. On a nettoyé les débris de verre. Les pompiers sont venus. Mon mari a eu mal à la tête, une montée de tension", poursuit-elle.
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Pour Solange, un sentiment d'injustice règne, notamment par rapport au caillassage du bus lyonnais en marge de l'Olympico face à l'OL en octobre dernier. "Ce n'est plus la peur qu'on ressent, c'est la colère qui prédomine. Ils attendent quoi ? Des morts ? Ce qui est bien, c'est que Lyon ne nie pas que c'est un fait de supporters, que c'est lié au foot. Contrairement à Marseille. Marseille n'a rien eu lors de son caillassage. Donc on peut continuer comme ça ad vitam eternam. A Nice, on a fait des bêtises. Pour la bouteille de Payet, on l'a payé 2.000 fois. On a parlé de nous comme des tarés, des dégénérés. On nous a mis plus bas que terre. Ce qui s’est passé à Marseille a été minimisé. Ces gens-là pour moi ce sont des terroristes. Ils tapent aveuglement et impunément sur n’importe qui. Ils n'ont pas le respect de la vie. Si on avait enlevé des points à Marseille, peut-être que les Lyonnais se poseront des questions. Il faut taper là où ça fait mal", a-t-elle imaginé.
Désormais, cette supportrice des Aiglons fera une croix sur les déplacements. "Je n’ai pas envie de regarder autour de moi pour voir s'il n'y a pas un fou. On a toujours le souvenir du 14 juillet. A part à Lille cette année, je n'en fais plus. Pourquoi je vais me mettre dans la gueule du loup? On s’est déjà fait caillasser à Marseille il y a 12 ans. On espère faire des déplacements l'an prochain en Europe, mais pour l'instant, je dois me calmer", a-t-elle confié. Pour rappel, la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra avait réagi à cet incident, en assurant que des mesures seront prises pour "renforcer encore la lutte contre ce que la bêtise ou l’inconscience coûtent au football".