Ligue 1 : OL - OM : Changement d'avis, énervement, incompréhension... Ce qu'il s'est réellement passé durant ces deux heures d'interruption

Le match entre l'OL et l'OM a été arrêté
Le match entre l'OL et l'OM a été arrêté

Dans son édition du jour, L'Equipe revient sur les deux heures d'attente entre l'arrêt temporaire de OL-OM et la décision d'y mettre fin définitivement. Une attente interminable pour les deux équipes et Ruddy Buquet, l'arbitre de la rencontre.

Depuis près de 48 heures maintenant, la France du foot est secouée par les incidents survenus lors du match opposant l'Olympique Lyonnais à l'Olympique de Marseille. Au bout de deux minutes seulement, Dimitri Payet est agressé en recevant une bouteille d'eau en pleine tête, ce qui a amené Ruddy Buquet à interrompre, d'abord temporairement, la rencontre. Mais pendant près de deux heures, le flou est total au Groupama Stadium et personne ne sait si le match va reprendre. L'Equipe revient sur ces deux heures d'incompréhension et de fiasco.

Pourtant, dès le retour aux vestiaires, l'arbitre de la rencontre est catégorique : le match ne peut pas reprendre puisque l'intégrité physique d'un joueur a été touchée. Les deux équipes se sont alors enfermées chacune de leur côté dans leur vestiaire, tandis qu'une réunion de crise se déroule au même moment au PC sécurité du Groupama Stadium. Ruddy Buquet est bien présent, ainsi que le préfet de la région Pascal Mailhos, la vice-procureure et la DDSP. Les capitaines des deux clubs (Houssem Aouar, Steve Mandanda) et les coachs (Peter Bosz, Jorge Sampaoli) sont ensuite convoqués pour cette entrevue, qui durait déjà depuis 45 minutes. À noter qu'au moment de l'interruption du match, Dimitri Payet est capitaine mais le numéro 10 n'est pas en état de se présenter à cette réunion. Là, l'arbitre réaffirme sa position initiale, faisant clairement comprendre qu'il ne voulait pas reprendre la rencontre. Toutefois, l'homme en jaune a fait savoir que beaucoup d'autres paramètres entraient en compte, comme la sécurité des spectateurs et les risques de trouble à l'ordre public selon Tony Chapron sur Canal+.

Ainsi, avec toutes les variables à enregistrer, Buquet change de position et demande un renforcement de la sécurité dans le stade. On a ainsi pu voir à l'image l'arrivée de policiers munis de boucliers ou bien la mise en place des filets de sécurité aux poteaux de corner. Si des doutes subsistent concernant des possibles pressions sur l'arbitre, L'Equipe rapporte les explications de la préfecture, qui affirme "avoir donné un avis, évalué les différents scénarios d'évacuation des 56 000 spectateurs et des potentiels troubles à l'ordre public". Dans ce grand moment de flottement, le délégué du match intervient et invite les deux équipes à repartir à l'échauffement pour organiser la reprise du match.

Marseille explose après l'annonce de la reprise du match

Forcément, du côté de l'OM, cette annonce est très mal vécue. Steve Mandanda regrette auprès de l'arbitre la banalisation de cette agression, en faisant référence aux nombreux incidents commis depuis le début de la saison en Ligue 1. Selon lui, l'équité sportive n'est pas respectée puisque Payet n'est pas en état de revenir sur le terrain. Vient ensuite la fameuse annonce du speaker du Groupama Stadium, qui promet une reprise rapide de la rencontre. Sur l'invitation du superviseur des délégués d'après Jean-Michel Aulas. Si l'OL est sorti s'échauffer, Marseille est resté dans son vestiaire et la colère a commencé à grimper dans les rangs phocéens.

Lorsque Mandanda avertit ses coéquipiers de la reprise du match, certains sortent dans les couloirs pour manifester leur mécontentement à l'image d'Alvaro. Le défenseur espagnol, fou de rage, laisse éclater son énervement dans des images captées par Prime Vidéo. Mattéo Guendouzi est aussi très agacé par cette décision. Ruddy Buquet entend évidemment les plaintes marseillaises et constate aussi que les spectateurs avaient déjà commencé à quitter l'enceinte de Décines. Ainsi, les risques de troubles en tribunes en cas d'arrêt définitif du match se font de moins en moins nombreux.

Une dizaine de minutes plus tard, après l'échauffement des Lyonnais, une nouvelle réunion a lieu à l'initiative de l'arbitre, avec les entraîneurs et les capitaines. Cette fois, Buquet prend une décision finale : l'arrêt définitif du match. Là, les émotions sont contraires selon les camps : le soulagement côté marseillais, l'incompréhension côté lyonnais. Deux longues heures sont donc passées entre l'arrêt du match et la décision de stopper définitivement la rencontre, qui auraient pu être éviter si Ruddy Buquet avait pu prendre directement sa décision.

Plus d'infos : incidents OL - OM