Lors d'une interview accordée à RMC Sport, Christian Gourcuff a une nouvelle fois livré son analyse du système économique actuel. Un domaine fragile qui, selon lui, devrait être remodelé.
"La crise du coronavirus ne touche pas que le football, mais plus globalement la mondialisation, la recherche généralisée du profit, l’économie capitaliste qui nous conduit dans le mur" avait déclaré Christian Gourcuff début avril au moment d'évoquer la crise économique liée à la situation sanitaire qui dure depuis plusieurs semaines désormais. Pour l'entraîneur nantais, "le foot vit à crédit" et son système économique est trop fragile. Dans un entretien pour RMC Sport, il a de nouveau développé sa vision des choses sur le sujet.
Lundi, la LFP a voté un projet de prêt garanti par l'Etat qui va permettre aux clubs français de respirer financièrement. Pour Christian Gourcuff, il s'agit d'une bonne chose pour la situation actuelle. "Cet emprunt, c'est une bonne chose car il est collectif. C'est très ponctuel, ça correspond à une situation à l'instant T" explique-t-il. "Après, on est dans un système de spéculation contraire à l'éthique sportive qui amène des crises. On spécule sur les transferts, sur les droits TV à venir… Résultat, des clubs s’endettent et ça entraîne une dérive" nuance-t-il ensuite. Selon lui, "un club, ça ne doit pas être des objectifs financiers. Ça doit être créer une identité, gagner des titres et développer tout ce qui tourne autour du football."
Pour le technicien de 65 ans, il est nécessaire de repenser l'économie mondiale. Au niveau footballistique, il regrette par ailleurs que les instances n'en profitent pas pour prendre des décisions plus saines pour l'avenir. "Il faut retrouver une économie plus réaliste, qui me semble être une garantie pour éviter des crises de ce type. Ça va au-delà du cadre du foot. Le foot ne fait que suivre les dérives d'une économie mondiale qui marche sur la tête avec la recherche du profit. Cet emprunt permet de gérer la crise à court terme mais après, il faudra en tirer les conséquences pour envisager ensuite une nouvelle forme d'économie. Mais j’ai beaucoup de doutes là-dessus. Les décisions ne peuvent venir que des instances. Je pense que la DNCG, par exemple, ne joue pas son rôle comme elle pouvait le faire il y a 20 ans. Il y a une tolérance qui favorise toutes ces dérives. [...] Et il y aura un impact sur les effectifs. On ne peut pas dissocier l'aspect sportif de l'économie. Quand des clubs trichent avec les règles, il y a des répercussions sur l'aspect sportif. Il faut changer les mentalités et les règles du jeu. Ça demande un investissement dans le temps… qui n'est peut-être plus possible" développe-t-il.