Arrivé à l'AC Milan en janvier 2019, Lucas Paquetá (24 ans) a traversé les Alpes à peine un an et demi plus tard, pour rejoindre l'Olympique Lyonnais et Juninho. Le directeur sportif de l'OL, revenu à Lyon à l'été 2019, est un des grands artisans de la venue du Brésilien dans l'hexagone.
Homme en forme de l'Olympique Lyonnais en ce début de saison, avec 6 buts et 3 passes décisives en 17 apparitions (TCC), Lucas Paquetá (24 ans) s'attire, logiquement, beaucoup de louanges. Faut dire que du côté de la Lombardie, le milieu offensif était nettement moins brillant. En 44 apparitions sous la tunique Rouge-et-Noir, le natif de Rio de Janeiro ne s'était illustré qu'à 4 reprises (1 but et 3 passes décisives). Acheté près de 40 millions par les Milanais, c'est pour moitié moins que l'international Auriverde a rejoint le Groupama Stadium l'été dernier. Et si le niveau de jeu atteint par le numéro 10 des Gones surprend le grand public, Juninho, lui, pas du tout. "Je ne suis pas surpris de son niveau, je savais qu’il en était capable, amorce le directeur sportif. J’ai connu Lucas Paqueta au début de sa carrière, parce que j’étais consultant au Brésil. [...] J’ai l’ai vu démarrer sa carrière, comme Bruno [Guimarães], Jean Lucas et d’autres. J’ai tout de suite pensé que c’était un joueur pour l’OL, même si je n’étais pas là (pas encore revenu à l'OL, ndlr)", a expliqué "Juni" dans l'émission Rothen s'enflamme. "Pourquoi (il n'est pas surpris) ? Parce que c’est un 10 qui a un pied gauche vraiment magnifique. Et il y a l’attitude. Il est capable de jouer à droite, derrière. Il se bat pour l’équipe, c’est un compétiteur. C’est quelqu’un qui joue pour gagner", a poursuivi l'ancienne idole de Gerland.
C'est donc en toute connaissance de cause que l'ancien numéro 8 lyonnais a fait le forceps auprès de Jean-Michel Aulas pour recruter le joueur formé à Flamengo, qu'il considérait comme une "opportunité de marché". "Quand j’ai vu le tarif du transfert [en 2019], Milan a payé 35 millions d’euros. Un an après, ça montait à 45-50. Parfois, t’as l’opportunité de marché de joueur qu’on pense fort, qui a beaucoup coûté à une grande équipe, mais qui n’arrive pas à s’installer tout de suite pour plusieurs raisons, enchaîne Juninho. [...] Je commençais à discuter avec son agent, le prix a commencé à baisser, j’ai expliqué au président l’opportunité qu’on avait. C’était un joueur qu’il fallait. On n’avait pas de profil comme lui".
Le rendement de Lucas Paquetá est très bon depuis son arrivée dans le Rhône (16 buts et 9 passes décisives, toutes saisons confondues), mais il en a encore sous le pied, selon Juninho. "S'il peut encore progresser ? Oui, surtout au niveau de la maturité. C’est un jeune encore, de 23 ans. C’est quelqu’un qui est encore dans sa mentalité de s’amuser sur le terrain. On aime jouer au foot pour ça. Mais il y a des moments pour ça, sinon ça donne l’impression de manquer de respect. Je ne suis pas inquiet avec lui. C’est quelqu’un qui bosse, qui a des objectifs bien clairs dans sa tête. C’est quelqu’un qui va voyager, jouer à Manaus (ville au nord du Brésil, ndlr) un jeudi, qui arrive le vendredi et se met à disposition de l’entraîneur pour jouer le dimanche. Il aime le métier", a déclaré l'ancien expert des coup-franc, sur RMC Sport.
Quelques événements extra-sportifs viennent, en revanche, entacher la belle saison du Brésilien. En retard à la causerie de Peter Bosz, entraîneur de l'OL, à Prague (3-4), Paquetá avait été sanctionné et placé sur le banc de touche par le technicien néerlandais. Plus récemment, juste avant la trêve internationale, une discorde entre le numéro 10 et son coéquipier Houssem Aouar avait éclaté sur le terrain au moment de tirer le penalty face au Stade Rennais (4-1). S'il avait été transformé par l'ancien Rossoneri, ce tir au but avait tout de même suscité quelques interrogations sur l'état d'esprit du joueur. Encore une fois, Juninho a clarifié la situation. "Lucas s’est excusé (pour le penalty), explique-t-il d'entrée. Le retard à Prague, c’était malheureusement un retard de deux minutes. Apparemment, c’était à cause du costume qu’il n’avait pas pris. Mais il n’y a pas d’excuse, le règlement est bien clair. Il s’est excusé aussi. C’est quelqu’un de très bien élevé. Il est jeune encore. [...] S'il a pris la grosse tête ? Non, pas du tout. Par contre, inconsciemment, quand ça fait un an et demi que tout le monde dit que t’es le meilleur joueur de la Ligue 1 avec des Neymar et Mbappé, je ne sais pas si c’est le confort, mais peut-être qu’il était moins attentif pour faire certaines choses, qu’il pensait avoir le droit de faire un peu plus", avoue le bras droit de Jean-Michel Aulas.