Après un derby somnifère face à l'AS Saint-Etienne, Peter Bosz a souligné l'importance des trois points malgré la prestation peu enthousiasmante de son équipe. Arrivé avec la promesse d'un jeu attrayant, le coach de l'OL a été contraint de revoir ses plans.
Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait à Peter Bosz ? Voilà la question qu'ont dû se poser les supporters lyonnais lors de la conférence de presse de l'entraîneur lyonnais suite à la victoire dans le derby, vendredi soir (1-0, résumé vidéo). Arrivé avec l'ambition d'un jeu offensif et chatoyant, le Néerlandais a tenu un discours des plus pragmatiques en soulignant "une victoire minimaliste, mais importante et méritée". En allant même jusqu'à signer pour des victoires sur la plus petite des marges jusqu'à la fin de la saison. Alors où est passé le Peter Bosz qui promettait "une philosophie de jeu offensive et attractive" ?
#Bosz « Si à partir d’aujourd’hui, on ne fait que gagner 1-0, je serai très content » #OLASSE @RTLFoot
— Nicolas Georgereau (@ngeorgereau) January 21, 2022
Au moment de sa présentation l'été dernier, l'ancien coach de l'Ajax Amsterdam avait mis des paillettes dans la vie des Gones, fatigués par une relation houleuse avec Rudi Garcia. "Le plus important, c'est de gagner, mais la façon de gagner, c'est aussi important", déclarait notamment Peter Bosz. Six mois plus tard, il ne reste plus que la première partie de sa philosophie. Comme la plupart des entraîneurs devant faire face à une crise de résultats, le technicien de l'OL a tenté de colmater les failles de son équipe en renforçant sa défense.
Depuis la défaite contre Reims début décembre (1-2), Lyon a abandonné la défense à quatre pour ajouter un axial supplémentaire. Avec des résultats probants. L'OL n'a plus perdu depuis six matchs (quatre nuls, deux victoires) et n'a encaissé que quatre buts. Même face à l'ASSE, alors qu'il est privé de Jason Denayer, Sinaly Diomandé et Jérôme Boateng, le coach lyonnais a maintenu cette défense à trois dans l'axe en alignant Thiago Mendes. Si le club rhodanien ne perd plus et encaisse moins de buts, il en marque également beaucoup moins. Six buts sur cette période, dont deux penaltys. Le bloc haut du début de saison a été abandonné pour protéger l'arrière-garde lyonnaise. Les ambitions offensives de Peter Bosz en ont pris un coup, mais ce samedi matin, l'OL est de retour dans le top 10 à six points du podium (et avec toujours un match en retard contre l'OM). Et cela suffit au bonheur de l'entraîneur néerlandais, obligé de faire des concessions dans son projet de jeu, mais c'est sans doute le prix à payer pour sauver sa tête.
Car Peter Bosz sait bien qu'il jouait une partie de son avenir face à l'ASSE vendredi. Même si Jean-Michel Aulas a affirmé qu'il lui laissait jusqu'à fin février pour redresser la situation, une défaite dans le derby aurait fait tâche. Sylvinho n'y avait pas survécu en 2019 et pourtant l'actuel coach des Corinthians pouvait, à l'époque, compter sur le soutien de Juninho. Ce qui n'est plus le cas de Peter Bosz, fragilisé par le départ du directeur sportif lyonnais avec qui il entretenait une relation proche. C'est désormais directement au patron qu'il doit rendre des comptes. Un patron qui ne le ménage pas en faisant publiquement du pied à Laurent Blanc.
S'il affirme ne pas ressentir la pression de son président, Peter Bosz n'est pas né de la dernière pluie. À Dortmund, son aventure avec le Borussia avait tourné court à cause d'un manque de résultats. "Normalement, j'aurais été viré par rapport aux résultats, en étant 13ème dans un club qui veut jouer la Ligue des Champions, honnêtement", avait-il d'ailleurs reconnu il y a une dizaine de jours. En remportant son premier derby, il s'est offert un court répit car le calendrier qui attend Lyon est étouffant. L'ultimatum de Jean-Michel Aulas pour la fin février est loin d'être anodin. D'ici là, son club doit affronter l'AS Monaco, l'OGC Nice, le RC Lens, le LOSC et l'OM... Que des concurrents directs pour l'Europe. À l'issue de ces cinq matchs, l'OL en saura beaucoup plus sur la suite de son championnat. Et Peter Bosz sur son avenir...