Au micro de RMC Sport, dans l'émission "Rothen s'enflamme", Emmanuel Petit et Christophe Dugarry sont revenus sur le rachat de Strasbourg par le propriétaire de Chelsea et en ont profité pour vider leur sac sur les fonds d'investissements étrangers.
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C'est désormais officiel, le RCSA est désormais sous pavillon américain depuis le rachat du club par BlueCo, le propriétaire de Chelsea. Ainsi, Todd Boehly, Hansjörg Wyss et Mark Walter deviennent les associés de Mark Keller, le président du club alsacien depuis 2012. Une venue qui n'a pas forcément été bien vue par les supporters strasbourgeois, qui ont fait connaître leur véhémence auprès des actionnaires américains. "Boehly not welcome !" (Boehly tu n’es pas le bienvenu) ont lancé les fans du club, inquiets d'imaginer que l'identité du club ne disparaisse ou, pire encore, que le Racing Club de Strasbourg ne devienne un club satellite de Chelsea. Une inquiétude que les supporters alsaciens ne sont pas seuls à avoir, puisque certains consultants et journalistes la partagent également.
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Dans l'émission "Rothen s'enflamme" sur RMC Sport, les consultants Emmanuel Petit et Christophe Dugarry ont fait part de leur inquiétude de voir les écuries françaises perdre leur identité en étant dirigées par des investisseurs étrangers, avides de bénéfices. "On sait très bien que les fonds d'investissement sont des fonds vautours. Ils veulent un retour sur investissement rapide. Et aujourd'hui, dans le football français, il faut être qualifié chaque année en Champions League pour être rentable, parce que, citez-moi un club rentable en France, il n'y en a pas des masses", a lâché le champion du Monde 98 et ancien joueur d'Arsenal, Emmanuel Petit.
Ce dernier poursuit : "Quelque part, je me dis que c'est un pacte avec le diable, parce que ceux qui ne seront pas à la table de la meilleure Ligue des Champions, la plus rémunératrice, qu'est-ce qu'ils vont faire ? Ils vont vendre leurs meilleurs éléments derrière, ils vont vendre les bijoux de famille. Comme a fait Lyon récemment, avec certaines entités qui appartiennent au club. Donc, quelque part, tu vas t'appauvrir de plus en plus. Aujourd'hui, on se rend compte que les principaux investisseurs qui sont déjà présents dans les plus grandes ligues, notamment en Angleterre, viennent et jettent leur dévolu en France, parce que, non seulement les clubs ne sont pas chers, et en plus, on a une réserve à potentiels énormes : les centres de formation. Donc, aujourd'hui, on devient la Farmer League, on devient une ligue secondaire. On l'était déjà sur pleins de domaines, aujourd'hui, on l'est véritablement. (...) Ma plus grosse crainte, c'est cette vision à court terme et pas à long terme, coupant les liens avec les supporters et l'identité du club."
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Dans la foulée, Christophe Dugarry a lui aussi livré son point de vue et a fait part de ses craintes de voir une identité du football français disparaitre : "Je trouve que c'est une catastrophe pour le football français. Je rejoins un argument de Manu (Petit, ndlr.), on est la Ligue 2 de l'Europe. J'ai toujours pensé qu'on l'était, c'est confirmé. Le problème, c'est que ce sont de multipropriétés. On acte que certains clubs français ne pourront jamais jouer la Ligue des Champions, la Ligue Europa. (...) Je pense que les vrais supporters, ils veulent que leur club reste entre la 8ème et la 12ème place et vive avec les moyens qu'il a, vivre des émotions avec ses propres moyens. Moi, je veux un club vertueux, avec des joueurs du centre de formation auxquels je m'identifie."
🇫🇷 La moitié de la Ligue 1 sous pavillon étranger : est-ce une catastrophe ?
— Rothen s'enflamme (@Rothensenflamme) June 23, 2023
🎙 Christophe Dugarry : "On a toujours été la Ligue 2 de l'Europe, là c'est confirmé. On acte que certains clubs français ne pourront jamais jouer la Coupe d'Europe. C'est un problème de philosophie". pic.twitter.com/G2ogQMJRI9